"Et le dessin, aux couleurs vives et saturées, qui nous plonge dans la pénombre, traduit cette ambiguité : une lumière qui vacille entre éclat et pénombre, à l’image du délire du personnage."
Dawn Ferrant Colas, L’actualité Nouvelle Aquitaine
"Conseil est donné d’aller rôder du côté d’{Eldorado, le délire d’Aguirre}, formidable album signé Alberto Breccia, classique éternel de la bande dessinée argentine [...]. Publié à la demande en 1992, {Eldorado} correspond à la dernière période de Breccia, moment où il délaisse le noir et blanc virtuose et angoissant de son âge classique pour des coloris violents, entre fruits pourris et oiseaux des îles. La révolte d’Aguirre contre la Couronne d’Espagne, saga sanglante, hérissée de coups de dague, nous est contée dans un style de vitraux effondrés, une mosaïque de coloris, des corps magmatiques étirés et tordus."
François Angelier, Mad Movies
"Alberto Breccia déploie tout son talent pour composer des planches fiévreuses, quasi hallucinatoires. Il privilégie un style volontiers excessif et grotesque, qui semble jeter un pont inattendu entre Bosch et Bacon. Les couleurs explosent. Les personnages débordent de leur corps. Les cases et les planches semblent presque trop petites pour contenir tout le génie du dessinateur. La lisibilité demeure malgré tout impeccable. La narration très dense se déroule naturellement. Le récit oscille entre la bouffonnerie dérisoire, accentuée par l'utilisation d'un trouvère, et une violence vouée au tragique.
L'époque était tourmentée et complexe, tout comme le héros de cet album qui constitue aussi une divine surprise : un album inédit de l'auteur de {Perramus} qui éblouit une fois de plus."
T. Cauvin, BD’gest
"Loin du réalisme académique, Breccia embrasse une veine cauchemardesque : la jungle étouffe, les visages se tordent, la lumière devient poison. Le trait, expressionniste à l’extrême, semble parfois déborder de la page tant il gronde de rage. Ici, le récit historique devient théâtre mental. Aguirre n’est plus seulement un homme : il est la figure même de l’obsession coloniale, du pouvoir qui ronge jusqu’à l’os.
Le texte, dense et tendu, dialogue avec le dessin sans jamais l’écraser. C’est une narration fiévreuse, presque mystique, où chaque case suinte la fièvre et la solitude. Un manifeste graphique, brutal et sans concession, d’une grande originalité."
Alfred de Montesquiou, Journal.info
"Inédite en France, cette oeuvre a été imaginée en 1992 pour commémorer les cinq cents ans du débarquement de Christophe Colomb en Amérique. [...]
Elle peut compter sur la maestria d’Alberto Breccia, dont chaque case en couleur directe est comme un tableau."
Casemate