L’Amirale des mers du Sud

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Épisode particulier dans l’histoire des conquistadors, ce long périple jusque dans les lointaines îles Philippines fut dirigé d’une main de fer par Isabel Barreto, autoproclamée Amirale après son veuvage. Commandé aux auteurs pour la commémoration des 500 ans de la découverte du continent américain, ce récit encore inédit en France nous permet d’apprécier un aspect plus épique du talent hors-norme de Carlos Nine.

Préface de Lucas Nine.

Presse

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La voix off est brillante, les dialogues concis. Et le trait et les couleurs de Carlos Nine magnifient cette histoire de quête de gloire aveugle. Sur les décors lumineux se découpent des visages difformes, aux facettes acérées renvoyant la lumière crue du soleil ou ondulante d’un feu sur la plage. […] Autant de qualités graphiques et narratives qui jaillissent des pages de cette superbe édition proposée par les éditions de la Cerise, autour d’un chef d’œuvre oublié de maîtres de la BD argentine, qui n’a finalement pas du tout vieilli. Et un bel hommage au dessinateur, disparu voilà trois ans.

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Un récit magnifiquement porté par l’aquarelle brute, apposée directement sur le dessin original sans ébauche préliminaire ni crayonné d’un Carlos Nine, pris par des délais extrêmement courts et rompant donc avec ses habitudes ; ce qui donne finalement encore plus de puissance graphique à l’album.
Les couleurs explosent, se mélangent, donnent aux personnages comme aux décors un aspect fuyant, presque fantomatique. Et c’est tant mieux, tant le récit est dur. Là, comme ça, sans rien enlever à la profondeur du récit, ça rend l’ensemble non seulement supportable, mais aussi incroyablement beau.

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Car cet album vaut en premier lieu pour cette explosion de teintes, ce mélange de flots, de matières. Il vaut aussi, finalement, par cette urgence des délais qui entraînent une composition lâchée, sans fioriture, offrant une mâche prodigieuse qui accompagne le lecteur dans un récit d’aventures surprenant. Surprise du dessin, des couleurs directes, du récit dont le narrateur échappe longtemps à tous. Une grande œuvre reprise dans une édition soignée par les éditions de la Cerise. Un must de cette rentrée !

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Ce qui aurait pu donner lieu à un exercice pontifiant et pompier à la gloire des explorateurs prend ici les détours d’une débandade digne d’Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog. En lieu et place d’aventures glorieuses, le texte de Jorge Zentner retrace surtout l’angoisse, la faim, les manœuvres grossières pour amadouer les natifs des îles, et le doute qui lamine la fière Armada une fois perdue dans le chapelet d’archipels de la mer des Salomon.

, JunkPage

Chronique historique d’un voyage semé d’embûches du Pérou aux Philippines, cet album est un poème funèbre à la fois sec et d’une luxuriance visuelle bouleversante. Bien des cases ou pages, d’une force incroyable, hypnotisent et transportent. Ainsi, L’Amirale des mers du Sud envoûte comme peu de bandes dessinées le font.

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Le résultat est assez étonnant, voire éblouissant, reflet de l’urgence de la réalisation tout autant que de celle de l’aventure des conquistadors menés par Mendana et Isabel Barreto. Les couleurs, noyées d’eau sont à la fois contrastées et dans de douces teintes délavées.

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Le résultat est superbe : les paysages, les décors et les personnages aux contours vaporeux, empreints de liberté, presque brouillons et sommaires par moments, mais qu’à cela ne tienne, quel rendu ! Les couleurs, qui traduisent aussi bien la fureur que la quiétude et la poésie, participent grandement au plaisir de lecture. Les yeux voguent et voyagent.

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Ce glissement narratif, mais aussi visuel, avec ces traits qui deviennent plus fous et ces explosions de couleurs qui viennent saturer les pages, matérialisent l’hybris de l’homme, mais aussi de la femme, qui a, tout d’abord, guidé ces aventuriers vers la gloire et un destin fantastique, pour devenir finalement une fuite en avant de Mendaña et Barreto.
En somme, un album exigeant tant l’esthétique est singulière, voire déconcertante, mais si l’on parvient à se laisser embarquer, nul doute que les couleurs de Nine et la narration de Zentner sauront emporter le lecteur sur les flots de l’aventure et de l’Histoire.

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Les couleurs sont éclatantes. Nous croirions aux tropiques couchés sur le papier. L’Amirale des mers du Sud est un must have pour les amoureux de l’aquarelle. […] Quelques lignes et quelques taches de couleur suffisent parfois à faire vivre une scène. Cela donne un aspect onirique à l’histoire et correspond idéalement à la fuite en avant d’Alvaro de Mendaña et Isabel Barreto.
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Le résultat est sans faille et offre une plongée dans un océan de couleurs, vaste et tumultueux comme le Pacifique.
L’Amirale des mers du Sud n’est donc pas seulement un ouvrage de commande et de circonstance. Malgré et même grâce aux contraintes de sa réalisation, il revêt des aspects exceptionnels qui en font un jalon méconnu mais important dans l’œuvre de Carlos Nine. Surtout, en dépit de sa relative brièveté, c’est un petit chef-d’œuvre de dessin à l’aquarelle auquel Lucas Nine et Les Éditions de La Cerise nous donnent accès.

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Le résultat, qu’il détestait, paraît-il, est étourdissant. Un tourbillon de formes et de couleurs qui traduit autant le désarroi des marins rebondissant de tempêtes en îles hostiles que l’angoisse et l’épuisement de l’artiste, tenu de tomber dans les temps ses 46 planches. Il en est sorti grandi, stylistiquement libéré et enrichi.

, Casemate